Une infirmière soupçonnée d’avoir détourné 145 000 €

Publié le 21/01/2015

Par L’Aisne Nouvelle

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Une infirmière libérale de Fresnoy était poursuivie ce mardi devant le tribunal pour avoir escroqué l’assurance maladie. La CPAM et le parquet estiment à plus de 145 000 € les montants ainsi détournés. Le procureur a requis du sursis avec l’obligation de rembourser.

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Le procureur a requis 8 mois de prison avec sursis. (photo d’archives).<br />

La statistique parle d’elle-même. En Picardie, l’activité moyenne d’un infirmier libéral est d’environ 9 000 actes médicaux par an. En 2009, celle de cette infirmière de Fresnoy est montée à 24 544. Cette hyperactivité constatée entre 2008 et 2012 était forcément louche pour la CPAM, délictueuse pour le parquet de Saint-Quentin qui a décidé de poursuivre la professionnelle devant le tribunal correctionnel.

Cette dernière a reconnu du bout des lèvres avoir quelque peu abusé du système mais « cela n’a pas été fait dans le but de frauder ou de cacher quelque chose », assure-t-elle. Pour en arriver là, la quadragénaire aurait facturé un certain nombre d’actes fictifs. Par exemple, elle déclarait deux toilettes à un patient alors que ce dernier n’en avait besoin que d’une seule.

« L’appât du gain » comme mobile

La justice lui reproche également d’avoir falsifié des ordonnances, n’hésitant pas à modifier les prescriptions. « Sur plusieurs actes, elle a procédé à des rajouts », précise le procureur Damien Savarzeix. Pour se défendre, elle argue la négligence de certains médecins trop lents pour rectifier certaines ordonnances incomplètes. « Il faut bien continuer les soins », ajoute-t-elle.

L’autre argument avancé par la prévenue est la situation délicate de son associée, elle-même épinglée par la Sécu il y a quelques années. Elle leur devait encore 8 000 €, d’où l’idée de la prévenue de faire passer ses actes sur sa propre carte professionnelle. « Il n’y avait pas d’autres solutions car tout était bloqué par la CPAM », poursuit l’infirmière. « Quand on a déjà été condamné, on est hypervigilant, pas hyperfacturant », rétorque l’avocat lillois de la CPAM Me Jean-Yves Moyart.

De son côté, le procureur ne croit pas à l’hypothèse d’une fraude involontaire, « vu l’ampleur des chiffres et le systématisme de la fraude ». Il y voit surtout un mobile : « l’appât du gain ». Pour lui, la somme réclamée par la CPAM « n’est que la partie émergée de l’iceberg ».

Il a requis 8 mois avec sursis avec une mise à l’épreuve. Il n’a pas demandé d’interdiction d’exercer « pour qu’elle puisse rembourser ». Elle a d’ailleurs commencé et a déjà rendu 23 000 € à la CPAM. Le délibéré sera rendu le 3 mars.

O.D.S.R.