Fontenay-Trésigny : l’ex-directeur de la Fondation Hardy nie tout détournement d’argent public

Article publié dans Le Parisien le 4 octobre 2017 – Par Alexandre ARLOT

Jacques Ducastel était jugé mardi au tribunal correctionnel de Meaux, accusé d’avoir détourné environ 50 000 € à son profit. Le jugement a été mis en délibéré au 7 novembre.

 Fontenay-Trésigny, janvier 2016. Jacques Ducastel a dirigé l’établissement public médico-social Fondation Hardy de 1989 à 2012.
Fontenay-Trésigny, janvier 2016. Jacques Ducastel a dirigé l’établissement public médico-social Fondation Hardy de 1989 à 2012.  LP/Valentine Rousseau

Le regard dur, le port altier, Jacques Ducastel s’est présenté ce mardi après-midi à la barre du tribunal correctionnel de Meaux. Enfin, diront certains.

L’ex-directeur de la Fondation Hardy, un établissement public médico-social (EPMS) pour enfants handicapés situé à Fontenay-Trésigny et Marles-en-Brie, est poursuivi pour abus de confiance. Ce fait correspond à un détournement de fonds d’environ 50 000 €, alors que les enquêteurs évaluaient la somme totale à 454 000 €.

Placé en garde à vue en janvier 2016, Jacques Ducastel aurait dû être jugé le 22 septembre de la même année. Le procès avait été ajourné car le prévenu avait tenté de se suicider la veille. C’est pour raisons médicales que l’affaire avait été une nouvelle fois renvoyée.

Ce mardi, c’est un homme combatif à la tenue sombre qui a réfuté point par point les accusations. « Je suis innocent », a-t-il lancé d’emblée. Trois mots qui ont ouvert près de cinq heures de débats parfois vifs, en particulier entre Me Moyart, l’avocat du prévenu, et la présidente du tribunal.

Jacques Ducastel a dirigé la Fondation Hardy de 1989 à 2012, année de son départ « forcé » à la retraite et des premières dénonciations par lettre anonyme. Le septuagénaire est accusé d’avoir utilisé de l’argent et des biens publics pour son confort personnel.

A chaque achat étonnant effectué via le compte de l’EPMS, Jacques Ducastel s’est défendu pied à pied. Un home cinéma ? « Pour le restaurant gastronomique » de l’établissement. Une pelleteuse ? « Pour la ferme thérapeutique » qui ne sera jamais construite. Le mobilier stocké dans un entrepôt ? « Pour les projets de la fondation, j’ai toujours eu l’idée d’anticiper. »

L’utilisation des véhicules de l’EPMS a aussi été au cœur des débats. Jacques Ducastel s’est appuyé sur un ordre de mission du conseil d’administration, alors présidé par l’actuel président du conseil départemental Jean-Jacques Barbaux (LR), pour justifier de trajets le week-end. « Je me suis toujours considéré en service », assure-t-il. Un même flou régnait autour de l’embauche par la fondation d’un mécanicien dont Jacques Ducastel venait d’acheter la propriété en Espagne. Un prêté pour un rendu ? L’audience n’a pas permis d’éclaircir ce point.

Très offensif durant l’audience, notamment face au successeur de Jacques Ducastel à la tête de l’EPMS, Me Moyart a lui aussi rejeté les accusations de détournement à des fins personnelles, évoquant « une gestion à l’ancienne, probablement ».

Le ministère public a requis dix mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant trois ans. Le jugement sera rendu le 7 novembre.

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