Lille : Militante anti-secte, Charline Delporte relaxée après avoir été attaquée en diffamation

Le tribunal correctionnel de Lille a estimé que la présidente du Centre d’accompagnement face à l’emprise sectaire ne pouvait pas être condamnée pour diffamation à l’égard d’une association de yoga.

Par L. B. | Publié le 14/07/2018 par La Voix du Nord

Début juin, Charline Delporte, très confiante, attend l’audience avec son avocat Jean-Yves Moyart.

Début juin, Charline Delporte, très confiante, attend l’audience avec son avocat Jean-Yves Moyart.

En juillet 2017, l’institut Heartfulness met en place des ateliers de « méditation du cœur » à l’auberge de jeunesse Stéphane-Hessel, porte de Valenciennes. Selon l’association qui avait décidé de poursuivre en diffamation Charline Delporte, présidente du Centre d’accompagnement des familles face à l’emprise sectaire, Heartfulness pratique « une forme de yoga ». « J’ai été sollicitée par une travailleuse sociale qui se posait beaucoup de questions », expliquera ensuite Charline Delporte au président Lemaire et à ses assesseurs. Une note réalisée par le CAFFES atterrira ensuite dans la boîte mail des responsables de l’auberge de jeunesse. La synthèse évoque notamment des liens avec un groupe appelé « Shri Ram Chandra Mission » qui, lui, apparaît dans un rapport parlementaire de 1995 consacré aux dérives sectaires.

Les fameux ateliers annulés

« Depuis 23 ans, l’association a été reconnue comme une ONG par l’ONU et d’utilité publique par les États-Unis ou encore le Danemark », viendra expliquer l’avocate de Heartfulness à la barre. Dans le prétoire, les échanges porteront sur la signification exacte d’expressions comme « devenir non vivant ». « Il s’agit d’un raccourci pour abandon de soi », insiste le conseil de l’association qui réclame 10 000 € de dommages et intérêt. « Où est la diffamation  ? », riposte Jean-Yves Moyart. Lui rappelle que le CAFFES n’a pas directement adressé sa synthèse aux responsables de la maison Stéphane Hessel qui ont, après réception, préféré annuler les ateliers « méditation du cœur ». Pour le CAFFES et son avocat, il n’y a eu que des échanges privés dont la confidentialité doit être respectée. Et au final, une relaxe.

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