Pour la justice, Martine Aubry n’a (vraiment) pas diffamé Éric Dillies

Article paru dans La Voix du Nord du 25 octobre 2019 – Par Lakhdar Belaïd

Depuis trois ans, Éric Dillies, dans l’opposition municipale Lille Bleu Marine, s’acharne à se présenter en victime de la maire socialiste de Lille, Martine Aubry. Une nouvelle fois, la justice est formelle : Martine Aubry n’a jamais diffamé un élu municipal RN, dont son parti politique ne veut désormais plus comme tête de liste.

Eric Dillies, à droite, à l’occasion d’une conférence de presse avec Nicolas Dupont-Aignan, chef du mouvement Debout la France, en octobre 2018, à Lille. PHOTO THIERRY THOREL
Eric Dillies, à droite, à l’occasion d’une conférence de presse avec Nicolas Dupont-Aignan, chef du mouvement Debout la France, en octobre 2018, à Lille. PHOTO THIERRY THOREL – VDNPQR

En décembre 2016, Martine Aubry est mise en examen. La mesure est automatique en cas de plainte pour diffamation. Éric Dillies, alors à la tête du groupe d’opposition municipale Lille Bleu Marine, estime avoir été atteint dans sa dignité. À l’occasion d’une réunion de conseil municipal, en octobre 2015, consacrée notamment aux questions environnementales, la maire de Lille lui a renvoyé une déclaration particulièrement critiquée par le passé de Jean-Marie Le Pen, alors président d’honneur du Front national, futur Rassemblement national.

« Pas une attaque personnelle »

En mars 2018, sans grande surprise, le tribunal de Lille relaxera Martine Aubry. Les juges soulignent que les propos de Martine Aubry « ne dépassent pas les limites de la liberté d’expression et de critique dans le cadre d’une polémique politique et ne constituent pas une attaque personnelle ». Précision : en 2014, la campagne pour les élections municipales d’Éric Dillies est lancée par un invité de choix, Jean-Marie Le Pen, auprès de qui trône avec fierté un certain… Éric Dillies.

Quelques jours après la relaxe, Dillies, absent lors de l’énoncé du jugement, revient au palais de justice pour faire appel. Cela n’est possible que concernant l’aspect civil du dossier, pas pour le volet pénal. Les débats auront finalement lieu à Douai le 4 juillet dernier. Si Éric Dillies est venu entouré de sa famille, Martine Aubry est, elle, représentée par son défenseur lillois, Jean-Yves Moyart. Martine Aubry « n’a jamais assimilé M. Dillies à un négationniste », concluront les magistrats douaisiens il y a quelques jours, relaxant de nouveau l’élue.

Débouté de toutes ses demandes

Éric Dillies est donc, encore une fois, débouté de toutes ses demandes. Depuis la prise de bec de 2015, lui a connu un parcours original. Après avoir été (trois jours) candidat à la présidence du FN en 2017, il préconisera un rapprochement avec Debout la France, le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, pour les élections européennes de mai 2019. Les résultats de la liste Dupont-Aignan à Lille ? 1,44 % pour 788 voix. Contre 13,84 % (7 594 voix) au profit de la liste frontiste. D’où les déclarations d’amour au RN émises aussitôt par Dillies ? Le Rassemblement national réagira quelques semaines plus tard. Éric Dillies ne sera pas tête de liste du mouvement aux élections municipales lilloises de mars prochain. Il est écarté au profit d’Éric Cattelin-Denu, un avocat qui l’a notamment défendu lors d’un certain procès en diffamation.

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