Quatre ans d’emprisonnement pour avoir, au volant d’une fourgonnette, tué deux piétons en 2017 à Villeneuve-d’Ascq

Article paru dans La Voix du Nord du 23 octobre 2019 – Par Chantal David.

Le 3 octobre 2017, à Villeneuve-d’Ascq, deux piétons meurent percutés par le conducteur d’un fourgon qui a perdu le contrôle. Le chauffeur n’aurait jamais dû être au volant, il se savait épileptique. Le tribunal de Lille vient de le condamner pour homicide involontaire aggravé.

Le conducteur du fourgon âgé de 25 ans a été condamné à quatre ans d’emprisonnement.

Le conducteur du fourgon âgé de 25 ans a été condamné à quatre ans d’emprisonnement.

Quentin Casier-Maache, 25 ans, s’est enfui pendant le délibéré, retardant ainsi son départ en prison. Ce mercredi soir, conformément aux réquisitions du parquet, il a été condamné à quatre ans de prison avec mandat d’arrêt. Son permis de conduire est annulé. Il a l’interdiction de le passer pendant cinq ans.

Pour les proches des victimes, la fuite du prévenu corrobore le portrait brossé par la procureure Laurence Le Gall : « Un être d’une immaturité importante mais aussi d’un égoïsme crasse.»

Des vies bouleversées

Au volant de son fourgon, Quentin Casier-Maache a causé la mort de deux personnes. Le 3 octobre 2017, Françoise Pattyn, 58 ans, et Xavier Pottier, tous deux chargés de clientèle chez Docapost, revenaient de déjeuner avec leurs collègues de travail. Sur le parvis de la station de métro Les Prés, un fourgon leur a foncé dessus. Ils sont morts l’un et l’autre le lendemain, à deux heures d’intervalle.

« Ma fille était gentille, avenante, souriante », pleure la mère de Françoise Pattyn à la barre. « Il faut continuer à vivre sans lui. Notre vie est totalement bouleversée », explique, pudiquement, la fille de Xavier Pottier, épaulée par sa maman.

À quelques mètres, Quentin Casier-Maache écoute la tête dans les mains. « Terrible hasard. À six mois près, ma cliente et le prévenu ont le même âge », remarquera Me Jean-Yves Moyart. L’avocat de la famille Pottier souligne « une incompréhension totale  » qui se dégage du comportement du jeune homme. Depuis 2016, Quentin Casier-Maache se savait épileptique. Il ne devait pas prendre le volant. Il devait se soigner. Il avait déjà fait un malaise en conduisant.

Et malgré tout… « Il a fait le choix de prendre son véhicule, de ne pas prendre son traitement, de fumer du cannabis. Il était une sorte de bombe à retardement », plaide Me  Dorothée Legros, avocate arrageoise, au côté de la famille Pattyn.

Face aux magistrats, Quentin Casier-Maache accumule les maladresses. Quelques semaines après l’accident, il postait des messages Facebook vantant la vitesse, l’alcool, le cannabis. L’an dernier, il a, à nouveau, été condamné pour un délit routier. Son casier judiciaire compte huit infractions liées à la route. Un accident précédent lui vaut d’être jugé en récidive. À la barre, il marmonne : « Je ne voulais rien entendre. Je tenais à mon permis de conduire, c’est mon seul diplôme. »

Au tribunal, il se défend seul, sans avocat. Il explique que le 3 octobre 2017 vers midi, il ne se sentait pas bien. Le président Bernard Lemaire le reprend : « À cette heure-là, il était encore temps d’éviter l’irréparable. » L’accident a eu lieu à treize heures.

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